Lorsque John Coltrane abandonne l’ancien jazz fondé sur la technique et le rythme pour s’approcher d’une dimension plus spirituelle et libre, il est déjà considéré comme l’un des saxophonistes les plus célèbres de tous les temps et a collaboré avec des figures incontournables telles que Miles Davis, participant à la réalisation de disques fondamentaux comme Kind of Blue. Nous sommes en 1963 et, tout comme Bob Dylan introduira deux ans plus tard la guitare électrique dans les atmosphères folk et country, Coltrane insuffle une tension spirituelle à l’exécution virtuose, guidant des générations entières vers la découverte du free jazz. Pour les trente ans de Miart 2026, foire emblématique de Milan, le commissaire Nicola Ricciardi adopte le titre New Directions, en référence à ce moment crucial où Coltrane transforme son langage musical jusqu’à ne faire plus qu’un avec sa dimension intérieure.
La nature même de la foire, arrivée à sa troisième décennie, devrait ainsi s’enraciner dans le changement : dans la volonté de se libérer des conventions du système, d’expérimenter et de transformer des manifestations commerciales comme celle-ci, en s’ouvrant à la nouveauté et en embrassant un esprit plus authentique. Le changement se manifeste d’abord dans le lieu lui-même : le South Wing du Allianz MiCo, dans le quartier CityLife, une partie de l’ancien parc des expositions développée sur trois niveaux et caractérisée par une toiture en écailles d’acier évoquant le dos d’un dragon. En montant les escaliers et en franchissant les portes de la nouvelle entrée, le visiteur est accueilli par un espace de détente et de restauration, suivi d’une section consacrée aux principales revues d’art contemporain.
L’art contemporain à ne pas manquer à Miart
Le dernier étage, le plus élevé, est enfin réservé à la section Established Anthology, qui réunit vingt galeries historiques sélectionnées. Un niveau difficilement accessible et peu mis en avant dans le parcours de la manifestation, mais qui se présente comme un écrin lumineux au vaste souffle installationnel, grâce à des plafonds plus élevés, de larges espaces de circulation et une disposition des
stands qui met en valeur chaque œuvre exposée.
On y trouve [...] un triptyque d’œuvres de l’artiste spatialiste Dadamaino datant de 1965, autrefois introuvables et très convoitées, présentées par Galleria d’Arte Maggiore.
